Écrire une exposition, c'est avant tout la chorégraphier, et la mettre en scène.
« MISES EN SCÈNE » propose une balade onirique et sensible entre représentation et imaginaire. Un dialogue s’instaure naturellement entre les œuvres de ces cinq artistes autour de la question de l’identité et de la mise en scène, au sein d’une exposition consacrée à des travaux sur des modèles et objets fragiles, lumineux, et délicats.
Les dessins de Candice Spruyt au graphite, fusain et pierre noire sur papier interpellent et impliquent le spectateur, dont l’œil est engagé dans un va-et-vient entre l’observation du détail, des objets, et la contemplation du sujet, l'œil emporté dans la force d'un regard, d'une posture ou d'une mise en scène étrange qui s’entremêlent pour révéler l’œuvre avec un impact saisissant.
Les photographies de Danielle Van Zadelhoff m’évoquent beaucoup la peinture ancienne dans sa mise en scène. Son œuvre photographique s’est focalisée sur un travail très sensuel, et s’inspire de la peinture classique. Des photographies qui ressemblent à des tableaux de maîtres hollandais, mais en y ajoutant une touche de modernité. Les portraits de Danielle, sujet récurrent dans le travail de l’artiste, deviennent un objet d’étude qu’elle met en scène, questionne, et interpelle. Douée pour la mise en lumière de ses modèles, elle utilise le clair-obscur pour magnifier ses portraits.
Dans sa série « Les Décollations » de la céramiste Charlotte Herben, il ne reste du vêtement que les cols, les collerettes et les fraises en dentelle, associés à des morceaux de bois brut, glanés dans les bois. L’alliance de la fragilité de la dentelle en porcelaine et de la dureté de l’arbre dans sa coupe et sa rugosité, questionne dans sa mise en scène. En dépit de la délicatesse de la matière, l’œuvre tout entière révèlera finalement une vraie force théâtrale.
Dans le monde du spectacle vivant, les masques et les costumes dépassent leur simple rôle d'accessoires, et participent à la mise en scène. Ce sont des symboles puissants qui transcendent les limites du réel pour plonger le spectateur dans un univers de mystère et de rêverie. Ils deviennent une extension du corps des artistes, les enveloppant, les transformant, et les transportant vers d'autres époques, d'autres mondes, réels ou imaginaires. Axelle de Russé et Thomas Morel-Fort ont choisi de nous dévoiler les coulisses d’un monde à part, celui du spectacle vivant, capturé à travers l’objectif d’une chambre photographique. Maquillés, masqués ou costumés comme pour mieux se révéler, ces artistes ont bien voulu poser un peu comme s’ils se produisaient en pleine lumière. Un voyage mis en scène, des portraits qui dégagent quelque chose de profondément intime et fragile, et qui ne vous laisseront pas indifférent !
Avec Candice, Charlotte, Danielle, Axelle et Thomas, le spectacle peut commencer. Car les mises en scène sont « émotions » et « créations », et influent finalement sur le sens même des œuvres présentées.
Véronique ADRAÏ © (All rights reserved/Tous droits réservés)
Gérante de la GALERIE COURCELLES
Catalogues des œuvres disponibles sur demande à contact@galeriecourcelles.com
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